Pensée poétique, op. 36

José Vianna da Motta (1868-1948)

Ref. ava161494

Pensée poétique, op. 36

Á mademoiselle Alice Hensler

 

Rêverie composée pour le Piano exécuté dans son premier concert, en Lisbonne a 20 Mars 1881

 

At the age of twelve José Vianna da Motta composed the Pensée Poétique, Rêverie op. 36 in E flat minor which is classed with his childhood works written between 1873 and 1883. Vianna da Motta first assigned the opus number 37 to this piece and later corrected it to the opus number 36 (although, due to an oversight, the correction was not made on the first page of the manuscript score but only on its cover). The opus number 37 of the Polaca corroborates this hypothesis, even though Vianna da Motta initially assigned the opus number 35 to this piece (cf. correction made on the first page of the manuscript score). Given that no amendment appears to have been made in the Gaieté, Galop op. 35 manuscript, it is possible to conclude that the definitive opus number of the Polaca is 37 and that, consequently, the definitive opus number of the Pensée Poétique, Rêverie is 36.

            This is perhaps Vianna da Motta's first composition written in a style reminiscent of John Field's Nocturnes or those of Frédéric Chopin, by the exacerbated lyricism of the accompanied melody and by its virtuosos melodic variations. Although this style is also present in the pieces Elegia, op. 45 and Lamentação, op. 51 no. 3, it cannot be considered as representative of Vianna da Motta's work. The composer abandons this style relatively early to devote himself mainly to the different ways of working the decoration of the melodies.

            The complexity of the harmonic architecture of the Pensée Poétique, Rêverie op. 36 (which can be observed in the structural scheme below) contrasts with the other Vianna da Motta's childhood works, most of which only explore the tones close to the main tonality. Thus, the style of pianistic writing and the harmonic architecture of the Pensée Poétique, Rêverie op. 36 make this piece stand out compared to works of the same period.

 

1-11

12-24

25-30

31-38

39-42

43-55

56-60

61-64

Intro.

A

B

A'

Concl.

 

a1

a2

b1

b2

a1'

a2'

(a1)

e?

E-E?

(G?)_B?

e?

E-E?

e?

                     

 

            Concerning the work on compositional material, the accompaniment of the left hand in section A' is perhaps the most relevant characteristic of the work. Inspired by the first four notes of the main theme which appear in bar 13, this accompaniment acquires an almost melodic character that places it in a situation of dialogue with the main theme when it reappears.

            In bar 12, Vianna da Motta writes "a tempo" and "(? = 84)". However, according to the metronomic indications of bars 1 and 10, the quarter note value is 72. It is possible that the metronomic indications were added in a later period and that Vianna da Motta forgot to replace the a tempo indication of bar 12 by an indication like un poco più mosso.

 

 

João Costa Ferreira

 

 

            Composée par José Vianna da Motta à l'âge de douze ans, la Pensée Poétique, Rêverie op. 36 en mi bémol mineur fait partie des œuvres d'enfance écrites entre 1873 et 1883. Vianna da Motta avait attribué à cette pièce le numéro d'opus 37 avant de lui attribuer le numéro d'opus 36 (même si, du fait d'un oubli, la correction n'avait pas été apportée sur la première page de la partition manuscrite mais uniquement sur sa couverture). Le numéro d'opus 37 de la Polaca corrobore cette hypothèse, bien que Vianna da Motta ait initialement attribué le numéro d'opus 35 à cette pièce (cf. correction apportée à la première page de la partition manuscrite). Puisque aucune correction ne semble avoir été apportée au manuscrit de la Gaieté, Galop op. 35, on peut conclure que le numéro d'opus définitif de la Polaca est bien le 37 et par suite, que le numéro d'opus définitif de la Pensée Poétique, Rêverie est bien le 36.

            Cette pièce est peut-être la première composition que Vianna da Motta ait écrite dans un style qui rappelle les Nocturnes de John Field ou de Frédéric Chopin, que ce soit par le lyrisme exacerbé de la mélodie accompagnée ou par ses variations mélodiques virtuoses. Bien que ce style soit également présent dans l'Elegia, op. 45 et la Lamentação, op. 51 no 3, on ne peut pas le considérer comme représentatif de l’œuvre de Vianna da Motta. Le compositeur l'abandonne en effet relativement tôt pour se consacrer notamment aux différentes façons de travailler le décor des mélodies.

            La complexité du parcours harmonique de la Pensée Poétique, Rêverie op. 36 (que permet de constater le schéma formel ci-dessous) contraste avec les autres œuvres d'enfance de Vianna da Motta, dont la plupart ne font entendre que les tons voisins du ton principal. Ainsi, le style de l'écriture pianistique et le parcours harmonique mettent la Pensée Poétique, Rêverie op. 36 en relief par rapport aux œuvres de la même période.

 

1-11

12-24

25-30

31-38

39-42

43-55

56-60

61-64

Intro.

A

B

A'

Concl.

 

a1

a2

b1

b2

a1'

a2'

(a1)

mi?

MI-MI?

(SOL?)_SI?

mi?

MI-MI?

mi?

                     

 

            Pour ce qui est du travail sur le matériel compositionnel, l'accompagnement de la main gauche de la section A' est peut-être la caractéristique la plus saillante de l’œuvre. Inspiré des quatre premières notes du thème principal énoncé à la mesure 13, cet accompagnement acquiert un caractère presque mélodique qui le place en situation de dialogue avec le thème principal lorsque celui-ci réapparaît.

            À la mesure 12, Vianna da Motta écrit « a tempo » et « (? = 84) ». Cependant, selon les indications métronomiques des mesures 1 et 10, la valeur de la noire est 72. Il est donc possible que les indications métronomiques aient été données dans une phase postérieure et que Vianna da Motta ait oublié de remplacer l'indication a tempo de la mesure 12 par une indication comme un poco più mosso.

 

João Costa Ferreira