Elegia, op. 45

José Vianna da Motta (1868-1948)

Ref. ava171709

Elegia, op. 45

At the age of thirteen José Vianna da Motta composed the Elegia, op. 45 (Elegy, op. 45) in C sharp minor which is one of his childhood works written between 1873 and 1883. Vianna da Motta had originally entitled this piece Nocturno-Elegia, op. 45 and had indicated for the main movement Andante mosso, quasi Adagio before giving it the title Elegia, op. 45 and the movement Andante non molto. These changes had significant consequences on the musical aesthetics of the piece (initially intended as a Nocturne) as well as on the significance of the piano writing (initially thought for a movement Andante mosso, quasi Adagio). This transformation may be related to the fact that Vianna da Motta crossed out the dedication to his piano teacher Joaquim Francisco de Azevedo Madeira to write "to the death of Ms. Margarida d'Assumpção Marques" (translated from Portuguese).

            The Elegia, op. 45 is one of Vianna da Motta's compositions written in a style reminiscent of John Field's Nocturnes or those of Frédéric Chopin, by the exacerbated lyricism of the accompanied melody and by its virtuoso melodic variations. Although this style is also present in the pieces Pensée Poétique, Rêverie op. 36 and Lamentação, op. 51 no. 3, it cannot be considered as representative of Vianna da Motta's work. The composer abandoned this style relatively early to devote himself mainly to the different ways of expressing the decoration of the melodies, a technique that is present in the Elegia, op. 45 as can be seen from the analysis of subsections a1' and a2' of the structural scheme below.

 

1-5

6-13

14-22

22-32

33-40

41-48

49-56

57-61

61-65

66-69

70-77

78-86

86-95

96-103

A

B

A'

Intro.

i

a1

a2

b

c1

c1'

c2

c3

c4

bridge

(c4)

i

a1'

a2'

b'

Concl.

(a1)

c?

A

c?

 

The triplets of sixteenth of the left hand that accompany the melodic variations of the right hand participate in the decoration of the melody, giving to this passage a musical atmosphere contrasting with the one generated by the accompaniment in sixteenth of the subsections a1 and a2.

            Several facts suggest that Vianna da Motta wanted the Introduction (b. 1-5) to be played with the left hand only: the half rests written in the upper voice; the arpeggio of bar 5; the bridge (b. 66-69) where the writing forces the right hand to play the upper voice. Three months before the composition of this piece, Vianna da Motta wrote a piece for the left hand: Resignação, op. 39. It thus seems legitimate to assume that, at that time, the development of the left hand was at the heart of Vianna da Motta's pianistic and compositional concerns.

 

 

João Costa Ferreira

 

Composée par José Vianna da Motta à l'âge de treize ans, l'Elegia, op. 45 (Élégie opus 45) en do dièse mineur fait partie des œuvres d'enfance écrites entre 1873 et 1883. Vianna da Motta avait d'abord intitulé cette pièce Nocturno-Elegia, op. 45 et indiqué pour le mouvement principal Andante mosso, quasi Adagio avant de lui donner pour titre Elegia, op. 45 et le mouvement Andante non molto. Ces modifications ont eu des conséquences significatives sur l'esthétique musicale de la pièce (initialement pensée comme un Nocturne) ainsi que sur la signification de l'écriture pianistique (initialement pensée pour un mouvement Andante mosso, quasi Adagio). Cette transformation pourrait avoir un rapport avec le fait que Vianna da Motta ait rayé la dédicace à son professeur de piano Joaquim Francisco de Azevedo Madeira pour écrire « à la mort de Mme Margarida d'Assumpção Marques » (traduit du portugais).

            L'Elegia, op. 45 fait partie des compositions que Vianna da Motta a écrites dans un style qui rappelle les Nocturnes de John Field ou de Frédéric Chopin, que ce soit par le lyrisme exacerbé de la mélodie accompagnée ou par ses variations mélodiques virtuoses. Bien que ce style soit également présent dans la Pensée Poétique, Rêverie op. 36 et la Lamentação, op. 51 no 3, on ne peut pas le considérer comme représentatif de l’œuvre de Vianna da Motta. Le compositeur l'abandonne en effet relativement tôt pour se consacrer notamment aux différentes façons de travailler le décor des mélodies, technique que l'on trouve dans l'Elegia, op. 45 comme permet de le constater l'analyse des sous-sections a1' et a2' du schéma formel ci-dessous.

 

1-5

6-13

14-22

22-32

33-40

41-48

49-56

57-61

61-65

66-69

70-77

78-86

86-95

96-103

A

B

A'

Intro.

i

a1

a2

b

c1

c1'

c2

c3

c4

pont

(c4)

i

a1'

a2'

b'

Concl.

(a1)

do?

LA

do?

 

Les triolets de doubles-croches de la main gauche qui accompagnent les variations mélodiques de la main droite participent du décor de la mélodie, donnant à ce passage une atmosphère musicale contrastant avec celle qu'avait générée l'accompagnement en doubles-croches des sous-sections a1 et a2.

            Plusieurs faits permettent de penser que Vianna da Motta souhaitait que l'Introduction (m. 1-5) soit jouée avec la seule main gauche : les demi-pauses écrites dans la voix supérieure ; l'arpeggio de la mesure 5 ; le pont (m. 66-69) où l’écriture contraint la main droite à réaliser la voix supérieure. Trois mois avant la composition de cette pièce, Vianna da Motta écrivait une pièce pour la main gauche : Resignação, op. 39. Il semble ainsi légitime de supposer qu'à cette époque, le développement de la main gauche était au cœur des préoccupations pianistiques et compositionnelles de Vianna da Motta.

 

João Costa Ferreira